« La varietà umana » est le premier roman de Nicola Guarino, l’écrivain dont L’Italie en direct avait présenté, voici deux ans, le premier livre, « Tutto qui » un recueil de nouvelles situées entre Paris et Naples. Dans ce roman, dont on devine sans peine le caractère autobiographique, l’auteur convie le lecteur à remonter le cours du temps, à parcourir la vie du protagoniste Raimondo De Martino, un homme seul, veuf, retraité, avec des enfants qui vivent au loin, et qui se met en tête de régler les comptes avec son passé. Mais comment? C’est là que l’invention fait la véritable originalité du livre. Car voici que le passé de matérialise et apparaît en chair et en os, sous la forme d’un homme assis sur une chaise pliante, qui dit simplement: « bonjour, le suis le passé ». C’est en dialoguant avec cette apparition que Raimondo De Martino remonte le cours de sa vie: l’enfance, les études, les voyages, les femmes. Sans oublier la politique: l’engagement dans le parti communiste, le militantisme, les réunions dans les salles enfumées, les discussions nocturnes et interminables, l’année 1968 et ses séquelles, jusqu’au tournant qui survient au moment de l’assassinat du président du Conseil italien Aldo Moro et qui détermine, pour Raimondo De Martino, la déception idéologique, la fin de l’aventure libertaire et la rupture avec l’extrême gauche. C’est au prix du long dialogue avec l’incarnation du passé, que le protagoniste du roman finit par réconcilier le présent avec le passé et trouver enfin l’apaisement.